Myriam Gohar vit en Egypte depuis 44 ans – elle a été présidente de Caire Accueil pendant 3 ans –. Dynamique, créative et passionnée, avec l’envie de partager, échanger et transmettre, elle propose deux ateliers au sein de Caire Accueil : la peinture sur porcelaine et le groupe de lecture.
La peinture sur porcelaine
Elle a découvert la peinture sur porcelaine ici, au Caire, il y a 40 ans, auprès d’une Française qui proposait des
cours. Lorsque cette personne est partie il y a 35 ans, Myriam a proposé à son tour des cours, aussi pour garder la motivation d’elle-même créer, mais elle n’avait pas de four ! Il fallait faire cuire les créations dans des fours prêtés par des Frères, puis des Sœurs, mais l’accès était toujours un peu compliqué. Un jour, il y a 25 ans, il a été possible d’en faire venir un par container de France. C’est ce four, toujours en marche, avec quelques petits problèmes liés à la vieillesse, réparé régulièrement en visio qui est encore utilisé aujourd’hui ! L’activité a migré d’un quartier à l’autre du Caire (Dokki, Maadi, New Cairo), au fil des déménagements de Myriam, mais ne s’est jamais arrêtée. Il s’agit avant tout d’une initiation à la peinture sur porcelaine. Il y a au maximum 5 participantes et une participation financière est demandée, pour couvrir l’électricité et la peinture. En effet, les pigments doivent être résistants à la température de cuisson (800°C) et viennent de France.
Comment se déroule un atelier ?
Chaque participante choisit un modèle et Myriam lui explique comment le reproduire sur l’objet en porcelaine. C’est donc ouvert à tous les niveaux et dès la première séance on repart avec sa création. Mais l’idée est de s’engager sur l’année, pour apprendre plusieurs méthodes en choisissant plusieurs modèles, et de créer une série d’objets. On peut soit décalquer et colorier, faire marcher une plume, inventer des choses plus techniques. Avec le temps, les participantes maîtrisent mieux l’application de la peinture, les différents effets possibles, sont plus habiles et pourront continuer à en faire en autonomie, en suivant leur propre voie. Comme Myriam, poussée aujourd’hui par ses filles pour développer son activité de création de services en porcelaine à partir de dessins d’enfants.
Le groupe de lecture
Le groupe de lecture existe aussi depuis très longtemps et Myriam l’a repris il y a 25 ans. Le principe : on apporte deux livres en début d’année et on en parle. On les met à disposition et chaque personne prend deux livres à lire pour la réunion suivante. Au fur-et-à-mesure on se partage son opinion. Si on n’aime pas certains livres on les enlève, mais on les remplace. Les réunions ont lieu à tour de rôle chez les participantes, de 10h à 14h, et se terminent par un brunch. L’activité comprend ces deux moments : les livres et le partage du repas ensuite. Le maximum est de 12 participantes. On ne raconte pas complètement l’histoire du livre qu’on présente : on parle de son ressenti, de l’écriture, si on aime l’auteur ou pas, son style, si ça nous a émue ou touchée. Grâce à ces rencontres, on se retrouve avec des livres qu’on n’aurait jamais lus, on est surprise, on découvre plein de choses. C’est très sympa et il y a parfois des avis très différents. C’est intéressant de voir comment un même livre peut créer du dégoût ou de l’intérêt et d’en discuter. Et ça motive pour lire deux livres par mois, qu’on cale entre les séries, les voyages, les enfants et petits-enfants...
Comment conclure, sans demander à Myriam une recommandation littéraire ?
« J’ai écrit dans la gazette de Caire accueil (papier) une rubrique littéraire sur les coups de cœur et j’avais écrit sur des auteurs Égyptiens que j’avais envie de faire connaître, comme Albert Cossery un grand écrivain peu prolixe qui a écrit de petits chefs-d’œuvre. Pour mon dernier coup de cœur c’est « L’homme qui lisait des livres » de Rachid Benzine. Une très belle histoire de livres, de rencontres et d’histoire de la Palestine sans haine. Un très beau livre. Presque un conte. »
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